lundi 19 février 2018

Chatangram

Chatangram n'est pas seulement un album qui raconte l'histoire d'un petit bonhomme à qui on offre un tangram, c'est aussi un livre d'activité puisqu'à la dernière page,   on trouve un vrai puzzle en carton pour réaliser les modèles qu'on rencontre au fil de l'histoire.

Mais qu'est-ce qu'un tangram? 

C'est un jeu d'origine chinoise qui utilise sept pièces comprenant cinq triangles, un carré et un parallélogramme. On ignore sa date exacte de création mais il semblerait remonter à la fin de l'Antiquité. Une légende raconte qu'un nommé Tan aurait laissé tomber un carreau qui se serait brisé en sept morceaux. C'est en essayant de le reconstituer qu'il se serait rendu compte de la multiplicité des figures qu'il pouvait concevoir avec les pièces.






Mon tangram des animaux
d'Anthony Marras
Langue au chat
2015.



Ce jeu n'était pas une découverte à la maison puisqu'il y a deux ans, on avait déjà testé ce jeu grâce à un livre d'activité qui présentait dix-huit modèles d'animaux à réaliser. Cela avait été dans l'ensemble très  concluant. 






Chatangram est donc arrivé à la maison. On y aime les chats et la couverture a tout de suite captivé mon petit schtroumpf. Il n'y a pas beaucoup de texte. Cela lui permet d'être progressivement autonome dans la lecture quand il joue tout seul avec le livre et construit les formes au gré de ses envies en les prenant dans l'album. Quant à l'histoire, elle est prétexte à deviner les animaux au fil des pages. 

Maranke Rinck et Martjin van der Linden sont mari et femme. Ils vivent à Rotterdam et ce n'est pas leur première collaboration. Martjin est graphiste et illustrateur. 

Dès 5 ans.

Chatangram
de Maranke Rinck
illustré par Martijn van der Linden
Kaléidoscope
2017.


mercredi 14 février 2018

Par amour



Quand les enfants dorment les parents lisent...

 

Juin 1940, ce sont les premiers jours de l’Exode, une période qui a marqué les gens qui l’ont vécue. Muguette et Emelie, deux sœurs, quittent leur domicile avec leurs enfants. Leurs époux ont été mobilisés au début de la guerre. Seules elles abandonnent leurs maisons et partent.


Durant la durée de la Seconde Guerre, nous suivons ces deux familles du Havre.  Dès les premières lignes, on est ému de les voir sur les routes, de sentir leur peur d’avoir quitté la ville. Elles essayent de protéger leurs enfants de la réalité de la mort de toutes les manières possibles. Sans se concerter, elles organisent une course pour que les petits ne voient pas les cadavres sur les talus. On est touché de les voir tenter de mettre à l’abri leurs familles. L'épisode du sacrifice de la poupée de Marline la benjamine, donnée à la fille de la fermière qui les recueille en échange d’un toit et de nourriture, est particulièrement émouvant.


Grand port de commerce, la ville va être bombardée de multiples fois. D’abord par les Allemands et plus tard sans relâche par les Alliés. Déjà confrontés à la pénurie de vivres et aux réquisitions de locaux, les Havrais doivent également subir la peur des bombardements et sans cesse se réfugier dans des abris. Pour la famille que nous suivons c’est une terreur supplémentaire. Les mères ne cessent de s’inquiéter pour leurs enfants.
 
Ce sont les femmes qui sont au centre du roman. Aux difficultés de la guerre s’ajoute la séparation. Les enfants doivent être évacués du centre-ville. Pour ceux de Muguette, soignée loin du Havre  par pneumothorax, ce sera l’Algérie et à la fin de la guerre, la fille d’Emélie sera envoyée à la campagne.







C’est par l’introspection que Valérie Tong Cuong  nous fait suivre le déroulement des événements  de la guerre au Havre. Les mères s’inquiètent des dangers permanents courus par leurs enfants. Quant à ces derniers, ils souffrent de voir leurs pères et mères dépassés par la guerre.






L’auteur nous fait vibrer à l’unisson de cette famille. En choisissant une ville en bord de mer, elle nous montre aussi les dégâts que les bombardements ont causés au sein des villes portuaires. Elle prend le parti de montrer les doutes que causent les frappes alliées, les incompréhensions face aux dommages causés dans des zones où seuls les civils sont touchés. En choisissant de montrer  le conflit du point de vue des citoyens, c’est aussi des portraits de civils qui ressemblent à tout le monde.



Valérie Tong Cuong est née en 1964. Elle est venue à l'écriture après avoir travaillé auparavant en entreprise dans le domaine de la communication et a jusqu'à présent publié une dizaine de romans. Elle a grandi en région parisienne mais c'est à sa mère d'origine havraise qui lui a donné l'idée de ce très beau roman.





Par amour
de Valérie Tong Cuong
Editions Lattès, 2017.
Livre de poche 2018.